Ségolène Royal, la candidate socialiste à la présidence française, accueillie comme une star par les socialistes européens réunis jeudi en congrès à Porto, au Portugal, a affiché sa volonté de "remettre l'Europe en mouvement". Après un voyage agité au Proche-Orient, Mme Royal s'est appliquée à conforter sa stature internationale lors de ce congrès du Parti socialiste européen (PSE). "J'ai besoin de vous", a-t-elle lancé d'emblée à ses pairs européens après une entrée scandée par les applaudissements dans la salle voûtée des anciennes douanes du port de Porto, où se tient le congrès. Le Premier ministre portugais José Socrates lui a offert une gerbe de roses rouges avant de lui lancer: "Nous avons la nostalgie de la France". "Nous te soutenons tous, Ségolène", a-t-il dit en portugais avant de s'exclamer en français: "Bonne chance". Avant M. Socrates, le président du PSE, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, et celui du groupe socialiste au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, avaient également prodigué leur voeux de succès à la candidate. Vêtue d'une veste rose fuchsia et d'une jupe de velours noir, un sourire éclatant aux lèvres, Mme Royal, du haut de la tribune du PSE, a décliné son programme et sa méthode "pour construire une Europe des gens": "Je veux, si je suis élue, remettre l'Europe en mouvement, lui redonner un souffle", a-t-elle assuré. "Je veux que l'Europe avance par la preuve et l'action, il faut construire l'Europe des gens, qui réussit à lutter contre le chômage, contre la vie chère, contre toutes les formes de précarité", a-t-elle ajouté. Mme Royal en a appelé à la "responsabilité historique" des socialistes européens, évoquant un monde "du désordre établi", leur demandant "d'inventer" pour "établir un ordre international juste", a-t-elle lancé. Elle a insisté sur son engagement socialiste et a promis, si elle est élue, "de participer à chaque réunion des leaders socialistes avant les sommets européens et les grandes conférences internationales". Dans un discours très consensuel, où elle a égratigné au passage le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, lui déniant "le droit de décider de l'avenir" de l'économie européenne, elle a souhaité que les questions institutionnelles européennes puissent "déboucher pendant la présidence française" de l'UE, au second semestre 2008.



La candidate socialiste à l'élection présidentielle en France Ségolène Royal a demandé jeudi devant le Congrès du Parti socialiste européen réuni à Porto que la Banque centrale européenne (BCE) soit "soumise à des décisions politiques". "Ca n'est plus à M. (Jean-Claude) Trichet (président de la BCE) de commander l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants désignés par les peuples", a lancé la dirigeante socialiste. "Cela suppose aussi que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques", a ajouté Mme Royal. L'actuel traité régissant l'Union européenne garantit l'indépendance de la BCE et lui assigne comme "objectif principal (...) de maintenir la stabilité des prix" en Europe. "Je veux aussi, si je suis élue remettre l'Europe en mouvement, lui redonner un souffle, redonner un espoir aux socialistes européens et aux 16 pays qui ont ratifié la Constitution" européenne, a promis la candidate française. Elle a plaidé pour la construction de "l'Europe des gens, qui réussit à lutter contre le chômage, contre la vie chère et contre toutes les formes de précarité". "Mais aussi il nous faut construire l'Europe de la matière grise, de l'intelligence, des qualifications, l'Europe de la recherche, de l'environnement et de l'après-pétrole."
Quittant une capitale libanaise en pleine tension à quelques heures d'une manifestation monstre des pro-syriens, Ségolène Royal s'est rendue vendredi au quartier-général de la Finul, à Naqoura dans le sud du pays. Au deuxième jour de sa visite au Liban, la candidate socialiste a embarqué à Beyrouth à bord d'un hélicoptère de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, qui est parvenu à Naqoura en milieu de matinée après un vol de 40 minutes. Accueillie par le général Philippe Stolz, chef d'état-major de la Finul, elle s'est entretenue ensuite avec le général Alain Pellegrini, commandant la force intérimaire. Entamant par le Liban une tournée qui la conduira également jusqu'à mardi en Israël et dans les territoires palestiniens, Ségolène Royal se trouve plongée au coeur des tensions qui déchirent le pays quelques mois après l'opération militaire israélienne de cet été et la "victoire" revendiquée par le Hezbollah, parti chiite pro-syrien qui veut accroître son influence et conteste la légitimité du gouvernement. Cinq ministres du Hezbollah et du parti chiite Amal ainsi qu'un sixième, proche du président pro-syrien Emile Lahoud, ont démissionné début novembre pour protester contre le refus par les membres de la coalition anti-syrienne de leur accorder une minorité de blocage au sein du gouvernement. Plusieurs centaines de milliers de partisans du Hezbollah, d'Amal, et du général chrétien Michel Aoun sont attendus dans la capitale. Cette manifestation suscite de fortes tensions, une dizaine de jours après la mort de Pierre Gemayel, ministre de l'Industrie, sixième personnalité de la majorité anti-syrienne assassinée en moins de deux ans. Au Sud-Liban, dominé par le Hezbollah, quelque 1.650 militaires français sont chargés du maintien de la paix au sein d'un contingent d'environ 10.000 personnes. Des tensions ont eu lieu ces derniers mois entre les militaires français et l'armée israélienne liées à des survols par des avions de chasse israéliens du Sud-Liban. La candidate socialiste est attendue en milieu d'après-midi à Beyrouth pour tenir une conférence de presse. Elle doit rencontrer ensuite la commission des affaires étrangères de l'assemblée nationale où siègent toutes les factions politiques libanaises, dont le Hezbollah. Ségolène Royal s'est réjouie jeudi de la possibilité qui lui est ainsi donnée "d'écouter tous les points de vue". L'incertitude a un temps plané sur la tenue de cette rencontre car le Parlement, où elle devait se dérouler, est situé dans la zone de la manifestation. La candidate a annoncé jeudi que le président du Parlement Nabih Berri souhaitait la maintenir. Son directeur de campagne Jean-Louis Bianco a ensuite précisé que le rendez-vous aurait bien lieu, à un endroit qui n'était pas encore déterminé.
Ségolène Royal appelle à un Liban "réconcilié avec lui-même". Arrivée jeudi à Beyrouth, première étape d'une tournée qui doit la mener également en Israël et dans les territoires palestiniens, la candidate socialiste à la présidentielle française s'est plongée d'entrée dans les réalités et tensions du pays du Cèdre, avec l'annonce pour le lendemain d'une manifestation anti-gouvernementale à l'appel du Hezbollah et de ses alliés pro-syriens. Peu avant son arrivée, la chaîne Al-Manar du Hezbollah a lancé un appel à une manifestation géante, dans le centre de Beyrouth, pour faire tomber le gouvernement Siniora, auquel un bras de fer l'oppose depuis des semaines. Le Parti de Dieu chiite rassemble en général des foules de plusieurs centaines de milliers de personnes et la tension est aujourd'hui à son comble. Cet appel à descendre dans les rues, auquel s'associent le mouvement chiite Amal et le dirigeant chrétien Michel Aoun, était attendu depuis des jours, reporté cependant en raison de l'assassinat de Pierre Gemayel, le jeune ministre de l'Industrie et étoile montante du camp chrétien maronite. Crâne, Ségolène Royal, arrivée à la mi-journée, a décidé de ne pas écourter sa visite à Beyrouth malgré cette manifestation qu'on prédit gigantesque. "Je reste au Liban parce que, partir malgré les difficultés serait un mauvais signe donné, une atteinte portée à l'image du Liban. Je suis ici et j'y reste. Je vais poursuivre les contacts qui ont été prévus", a-t-elle justifié en fin de journée. A la veille de la manifestation, Ségolène Royal a affiché jeudi son soutien à Fouad Siniora. "Attaché à l'indépendance, à la souveraineté et à la liberté, le Liban en a assez d'être un pays otage, victime du conflit des autres", a martelé la candidate socialiste à l'Elysée au terme d'un entretien d'une demi-heure avec le chef sunnite du gouvernement, issu de la coalition anti-syrienne. "Je mesure la persévérance et la volonté politique de Fouad Siniora pour faire entendre dans une période très éprouvante la voix du Liban", a-t-elle salué, avant d'apporter son soutien à la création d'un tribunal international sous l'égide de l'ONU sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005. Une instance dont le gouvernement de M. Siniora a approuvé la création, mais qui est vivement contestée par le Hezbollah, et qui fait partie de ses motivations pour appeler à manifester vendredi. Ce tribunal, toujours suspendu au feu vert du président pro-Damas Emile Lahoud, "sera un élément majeur et indispensable pour connaître la vérité", a-t-elle souligné, dénonçant des "assassinats et tentatives d'assassinats barbares depuis fin 2004". Si la candidate a répété plusieurs fois jeudi qu'elle voulait discuter avec toutes les parties au Liban, y compris les pro-syriens, elle montre ainsi qu'elle n'entend pas baisser les bras face à la Syrie. Mme Royal a ainsi rencontré le président du Parlement, le chef du mouvement chiite Amal Nabih Berri, et devrait s'entretenir vendredi avec des députés membres de la commission parlementaire des Affaires étrangères où toutes les composantes politiques sont représentées, y compris le Hezbollah chiite. Auparavant, Ségolène Royal avait réservé sa première visite beyrouthine aux parents de Pierre Gemayel, assassiné le 21 novembre. Leur présentant ses condoléances "profondément attristées", elle appelé de ses voeux un Liban "réconcilié avec lui-même". "Je forme le voeu que reculent ces déchirements tragiques et que se lèvent de nouvelles forces de vie", a déclaré la candidate socialiste, aux côtés de l'ancien président Amine Gemayel à l'issue d'un entretien de plus d'une heure avec le couple. "Le progrès du monde a besoin d'un Liban réconcilié avec lui-même", a-t-elle plaidé. "Notre responsabilité commune (...) c'est de permettre aux jeunes de s'y construire un avenir heureux, et de permettre à chaque enfant de naître dans un pays en paix", a-t-elle exhorté. "La tâche est difficile, les situations sont complexes" a-t-elle reconnu, se disant toutefois certaine que "les énergies humaines finiront par l'emporter". Mme Royal a rendu un vibrant hommage à Amine Gemayel pour son "impressionnante dignité" et pour avoir "appelé au calme, ce qui a permis sans nul doute au Liban de rester rassemblé, évitant de basculer dans le chaos d'une violence aveugle". Très présidentielle, elle a promis que "la France fera tout ce qu'elle peut auprès du Liban pour permettre que se lève cette espérance".
Présent comme délégué au congrès d'investiture de Ségolène ROYAL, à la Mutualité, je souhaite brièvement dire ce que j'ai retenu de cette journée passionnante.
Ségolène Royal est la candidate préférée des jeunes français de 15 à 25 ans pour l'élection présidentielle 2007, loin devant Nicolas Sarkozy, selon un sondage BVA publié lundi. A la question "qui préféreriez vous voir élu président de la République?", 34% des sondés citent Mme Royal, qui devance de 20 points M. Sarkozy (14%). Suivent Nicolas Hulot (6%), Jacques Chirac (5%), Olivier Besancenot (4%), Jean-Marie Le Pen (4%), François Bayrou (3%), Dominique de Villepin (2%), José Bové (2%), Arlette Laguiller (1%), Marie-George Buffet (1%) et Dominique Voynet (1%). 11% des jeunes ne citent aucun des noms proposés. 12% ne répondent pas. Selon ce sondage, parmi ceux qui ont choisi Nicolas Sarkozy en premier, 25% optent en second choix pour Mme Royal. Symétriquement, 15% de ceux qui ont choisi Ségolène Royal en premier lieu ont choisi Nicolas Sarkozy dans un second temps.
Nous sommes heureux de vous annoncer la naissance du blog des jeunes ..... Ségosphère Moselle:
"La victoire est possible", "aidez-moi à tracer ce chemin": adoubée dimanche par les siens pour porter leurs couleurs à la présidentielle, Ségolène Royal a invité les socialistes à se mobiliser autour de sa candidature pour accomplir avec elle le "devoir de victoire". Première femme investie par le PS, elle s'est placée dans la continuité des pères fondateurs du parti et des féministes historiques. "Nous allons gravir la montagne jusqu'à la victoire", a-t-elle clamé devant 1.500 cadres du PS et du Parti radical de gauche réunis à la Mutualité pour ce congrès extraordinaire d'investiture commun. Ils ont entériné par un vote à main levée son score de la primaire du 16 novembre au PS -60,65%- et l'ont ovationnée debout à plusieurs reprises au cri de "Ségolène présidente". "Accomplissons ensemble notre devoir pour les millions de Français qui attendent qu'on mette fin à ces politiques de rupture, de fracture, d'insécurité et de précarité." Debout derrière un pupitre sur une petite avant-scène, sur un fond rose framboise, la candidate socialiste a toutefois prévenu ses troupes que la victoire était "possible" mais pas acquise, les invitant à l'épauler dans cette campagne. "Aidez-moi à tracer ce chemin, aidez-moi à construire ce renouveau." "La campagne sera victorieuse si nous le méritons" et "si nous y travaillons", a-t-elle plaidé. Dans cette campagne, il y aura des embûches, des chausse-trapes" car la droite "ne recule devant rien", a-t-elle averti. "Il y aura des chutes mais nous nous relèverons, il y aura des entorses mais nous les soignerons, il y aura des pièges mais nous les contournerons. J'ai de la résistance, de la force, de l'obstination et du courage." "Il s'agit d'un beau combat des idées et ce combat-là nous allons le gagner." Un appel à la prudence relayé par François Hollande. "Il y a un mouvement qui s'est levé et Ségolène a su lui donner un visage, mais pour autant rien n'est joué", a averti le patron du PS. Il a posé trois conditions à la victoire: connaître ses adversaires, à savoir la droite, le risque d'un "nouveau 21 avril" et l'indifférence civique; ne pas se laisser imposer "les thèmes de la confrontation" comme en 2002 avec la thématique de la sécurité. Et "mobiliser" le PS et la gauche. Le Premier secrétaire a néanmoins promis à sa "chère Ségolène", sa compagne à la ville, que le PS serait "rassemblé" et "derrière" elle "durant les cinq mois" de la campagne et "les cinq ans" de son mandat. Première femme investie par le PS, fait "révolutionnaire", celle-ci s'est placée dans la lignée des grandes figures du PS, de Léon Blum à Jean Jaurès ou François Mitterrand. Venue "au socialisme par le féminisme", elle s'est prévalue des combats menés par Louise Michel, Olympe de Gouges ou les "343 salopes" du Manifeste pour l'avortement. Dans son intervention de 40 minutes, qui reprenait mot pour mot des pans entiers de précédents discours, Ségolène Royal a défendu ses idées souvent décriées et égrené ses thématiques favorites: la "République du respect", l"'ordre juste", "le progrès pour tous et le respect pour chacun". Plaidant pour la démocratie participative, elle a ainsi estimé que "la politique doit partir de la réalité de la vie des gens". "Puisons les idées neuves dans la vie quotidienne du peuple français." Elle a également défendu sa façon de concevoir la campagne, qui doit selon elle être "régionalisée" avec une "impulsion nationale". Enfin, Ségolène Royal s'en est pris à la droite, qui "fabrique de l'insécurité sociale, du désordre et de la violence" et "croit qu'en prétendant les résoudre elle va gagner la prochaine échéance". "Cette imposture-là je la dénonce et nous la dénoncerons pendant toute la campagne", a-t-elle martelé, sans jamais citer Nicolas Sarkozy. Elle l'a toutefois clairement visé en affichant son refus d'une "société de la méfiance, des ghettos et des communautés rivales". A charge pour François Hollande de tacler le probable candidat de l'UMP et sa "précipitation" à se déclarer. Et de lui souhaiter un très ironique "bon courage" dans la procédure de désignation lancée à l'UMP. Au cours de cette matinée de "sacre", la candidate du PS a reçu le soutien de plusieurs personnalités, dont les chefs de gouvernement espagnol José Luis Zapatero et italien Romano Prodi, dont des messages ont été lus à la tribune. Présidente du Chili, Michelle Bachelet a vu dans sa désignation "un pas immense sur le chemin de l'égalité". Jusqu'à ses anciens compétiteurs de la primaire au PS, assis au premier rang, qui l'ont assurée de leur soutien. "Si on veut gagner, il faut qu'on soit tous rassemblés", a plaidé Laurent Fabius. "Je suis là pour écouter et pour rassembler", a assuré DSK. "J'ai besoin de tout le monde", leur a-t-elle promis, après les avoir tous deux embrassés.
Pour voir la vidéo de l'intervention de Ségolène Royal lors du Congrès d'Investiture à la Mutualité (Paris 5ème) hier, cliquez sur le lien suivant:

