
DESIRS D’AVENIR 57

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"Scandalisée", Ségolène Royal a accusé son rival "d’immoralité politique" après qu’il a parlé de l’accueil d’enfants handicapés dans les écoles. Nicolas Sarkozy, quant à lui, a reproché à la candidate socialiste de "perdre ses nerfs". .Sarkozy fait du sentimental, se disant revolté que les enfants handicapés ne puissent pas avoir accès à l’éducation alors que Mme Royal avait mis en place un système crééant des emplois et permettant à ces enfants d’avoir accès à l’éducation (le plan Handiscol), plan que l’UMP a supprimé ainsi que les postes d’aides-éducateurs qui les accompagnaient, ce qui a ainsi rendu plus difficile l’intégration des enfants handicapés. Nicolas Sarkozy a ainsi été "mouché" à juste titre et avec argumentation à la clef par Ségolène Royal sur la question de l’accessibilité des enfants handicapés dans les écoles. Le discours démagogique du candidat de l’UMP est révoltant, il a exploité de manière éhontée la détresse des parents d’enfants handicapés alors que c’est le gouvernement Raffarin qui a supprimé le plan Handiscol créé par Ségolène Royal. Et après il s’étonne que la candidate socialiste soit en colère après lui, heureusement qu’elle lui a dit ce qu’elle pensait ! Entendre M.Sarkozy reprocher à Mme Royal son agressivité quand on sait comment il s’est comporté dans le passé (avec Azouz Begag ou les journalistes de France 3 par exemple), c’est vraiment la démagogie à son paroxysme.
"Je crois que l'on est jamais trop offensif lorsqu'il s'agit de défendre des
convictions, des valeurs", a déclaré la candidate socialiste sur France Inter. "Ensuite, je pense que la personne qui demain incarnera la France et qui exercera les plus hautes responsabilités
doit faire preuve de grande fermeté sur la question des fondamentaux", a-t-elle ajouté. Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, sa vigueur au cours du débat "est
la preuve aussi que demain je serai en capacité de défendre très fermement les intérêts de la France". Ségolène Royal s'était dite "scandalisée" mercredi par les déclarations de son
adversaire de l'UMP sur la scolarisation des enfants handicapés et avait accusé les gouvernements sortants d'avoir détruit les dispositifs mis en place par la gauche. Etre offensif et garder
intact au coeur la capacité d'une révolte, d'une insoumission, d'une colère saine face à des njustices ou face à une forme d'immoralité politique qui consiste à dire le contraire de ce que l'on
fait, je pense que c'est le signe d'une structuration extrêmement solide", a-t-elle ajouté. Je porte les valeurs auxquelles je crois très profondément, elles sont en moi et donc je n'ai aucune
raison de les minimiser", a ajouté la candidate socialiste. " Si un responsable politique se met en posture de victime comment demain pourrait-il défendre les intérêts de la France ?", s'est-elle
encore interrogée, faisant allusion à Nicolas Sarkozy.
A cinq jours du deuxième tour, la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée s'est posée en rempart de la "paix civile" face au "passage en force" de la droite. Devant plus de 60.000 personnes réunies au stade Charléty pour un "concert de la fraternité" - et plusieurs dizaines de milliers d'autres dehors - la candidate socialiste a dénié au candidat de l'UMP le droit de se revendiquer du général de Gaulle. A la veille de leur face-à-face télévisé, la présidente de la région Poitou-Charentes a attaqué le programme de Nicolas Sarkozy sur tous les plans sous les yeux d'une pléiade d'artistes dont Jane Birkin, Yannick Noah ou encore Grand Corps Malade. En lieu et place de la "rupture" que veut incarner son adversaire, elle a vu "purement et simplement une fracture républicaine".
Dimanche lors du meeting parisien de l'UMP à Bercy, "la machine à remonter le temps était en marche. On était en juin 1968", a-t-elle déploré. "Mais Doc Gynéco, ce n'est pas André Malraux. François Mauriac, ce n'est pas Bernard Tapie. Et monsieur Sarkozy ce n'est pas le général de Gaulle", a insisté Ségolène Royal, déclenchant les applaudissements de la foule. C'est la seule fois dans son discours d'une heure que la candidate socialiste, tailleur blanc sur t-shirt rouge, a cité nommément son adversaire de l'UMP, qu'elle a ensuite désigné comme "l'autre candidat" ou "le candidat de la droite". Avant elle sur scène, le groupe des "Têtes raides" entonnait "Paris sera beau, l'Hexagone sera beau"... si la candidate socialiste l'emporte dimanche. "C'est quand le bonheur", s'interrogeait de son côté le chanteur Cali, l'un des organisateurs de l'événement.
"Aujourd'hui, je le sens (...) il y a dans la France (...) une même forme de colère qui gronde" qu'il y a 39 ans, a déclaré Ségolène Royal dans un stade où la gauche avait tenu meeting, le 27 mai 1968, en plein mouvement estudiantin et ouvrier. "Moi, je ne souhaite pas que la France parvienne à cet état de blocage pour précisément susciter comme en Mai 1968 des révoltes, des revendications, des grèves qui ont tout bloqué tout simplement parce que le pouvoir refusait d'écouter et de redistribuer les richesses des Trente Glorieuses", a-t-elle insisté.
"Il faut garder son calme, garder son sang-froid et réformer la France avant qu'elle ne se soulève", a plaidé Ségolène Royal. "Que le candidat de la droite relise donc le général de Gaulle. Ce sont ses propres analyses et elles se situent à une autre altitude. Il a dit cela, que la société voulait le dialogue et la participation", a-t-elle poursuivi.Ségolène Royal a également accusé Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement sortant, de vouloir "maquiller" le bilan de cinq années de droite.Et comme ce "n'est pas tâche facile", le candidat de l'UMP "sans vergogne" réécrit "l'Histoire, capte celles des autres (...) pour brouiller les pistes".Devant les responsables de la "gauche plurielle" - membres des Verts, du PCF ou du PRG -, elle a défendu sa "valeur travail" face au "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy."La valeur travail n'est pas un artifice de discours, la valeur travail c'est d'abord payer le travail à sa valeur", a-t-elle déclaré."Je ne veux plus voir ces femmes en pleurs devant les grilles de leurs entreprises fermées, les regards des ouvriers licenciés sans protection. Et ceux qui philosophent sur la valeur travail, ont -ils vu ces citoyens là ?".Si elle accède à l'Elysée, la candidate socialiste a promis "une République apaisée, une République du respect". "Je propose que la France puisse avancer sans perdre son temps, sans être bloquée, sans dresser les Français les uns contre les autres, en un mot sans violence".
"Voilà la responsabilité demain de la présidente de la République. Voilà la seule façon de diriger la France et de protéger la paix civile", a-t-elle insisté, appelant les Français à se prendre la main pour "faire gagner la France"."La voulez-vous la victoire?", a-t-elle lancé à la foule. "Alors en avant, rassemblons-nous, prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres, construisons ensemble. Vive la République, vive la France".


