Ségolène Royal, dont les rivaux ont mis en doute à l'université d'été de La Rochelle la capacité à rassembler le PS, a lancé mercredi une contre-offensive en annonçant un état-major de campagne ouvert à des sensibilités diverses du parti, comme Arnaud Montebourg. La favorite pour la désignation en novembre du candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 a annoncé à l'AFP la nomination de trois porte-parole et la création d'un "conseil politique" d'une cinquantaine d'élus. Cette initiative montre qu'elle demeure tout à fait déterminée dans sa quête de l'investiture par les militants socialistes au mois de novembre, et qu'elle n'est pas isolée. "Le débat monte, donc on s'organise", a-t-elle expliqué. A La Rochelle samedi, l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, qui réfléchit à une éventuelle candidature, avait sévèrement critiqué Ségolène Royal, sans la nommer. Les huées d'une moitié de la salle au plaidoyer pro-Royal prononcé par une élue locale avaient témoigné du rejet de la présidente du Poitou-Charentes par une fraction du PS. Ségolène Royal n'a toujours pas annoncé sa candidature à l'investiture, néanmoins très probable. "Je respecte les dates" prévues pour le dépôt (28 septembre-3 octobre), a-t-elle fait valoir mercredi. Ses conseillers politiques l'encouragent à aller au bout - "c'est son devoir", affirme Julien Dray, aussi porte-parole du PS. Selon un sondage IPSOS-Le Point publié mercredi, 57% des sympathisants du PS la désigneraient s'ils pouvaient participer au choix du PS. Le député de Saône-et-Loire et avocat Arnaud Montebourg devient son porte-parole, avec le député Jean-Louis Bianco, ex-secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand, et le député européen Gilles Savary, qui, favorable à la Constitution européenne, a quitté Laurent Fabius, champion du non. Partisan du non au référendum du 29 mai 2005, M. Montebourg, chef de file du courant "Rénover, maintenant" en rupture avec la ligne majoritaire jusqu'en juin dernier, est un allié de fraîche date de Mme Royal. Les militants de son courant n'ont pas encore ratifié son choix personnel. Le "conseil politique" de Mme Royal sera animé par deux "rénovateurs" de la majorité du PS, les députés de la Nièvre Gaëtan Gorce et de Paris Christophe Caresche, et par Eugène Caselli, premier secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône. Ségolène Royal enfonce ainsi un coin dans la garde rapprochée du maire de Paris Bertrand Delanoë (dont M. Caresche est l'un des adjoints), un jospiniste du premier cercle. M. Caselli a la haute main sur l'une des plus grosses fédérations (9.000 adhérents). M. Caselli a tenu à souligner qu'il soutenait Mme Royal à titre personnel. Interrogé par l'AFP, il a précisé que Jean-Noël Guérini, considéré comme l'homme fort de la fédération et par ailleurs ami de Lionel Jospin, ne l'avait "pas dissuadé". L'équipe au complet doit être présentée mardi par Ségolène Royal, selon son entourage. Son profil montre que "Ségolène Royal a une démarche collective, et non pas individuelle" comme il lui est souvent reproché, selon M. Gorce. Elle comprend aussi environ 220 "personnes ressources" (syndicalistes, entrepreneurs, acteurs de la société civile) rassemblées en groupes de travail, et les responsables de son site internet "désirs d'avenir".
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Au cours de son allocution et de l’esquisse de diagnostic qu’elle a dressée, Ségolène s’est justement attardée sur la nécessité de relancer le chantier européen, seul à même de fournir des réponses coordonnées et efficaces pour nombre de sujets : l’emploi, l’environnement et le développement durable, la recherche et la formation en sont les meilleurs exemples.
Dans les prochaines semaines, la précampagne présidentielle va s'accélérer. D'ores et déjà, ceux qui cherchent à empêcher Ségolène ROYAL d'être demain porteuse de l'espoir des socialistes et de toute la gauche, lancent leur petite musique insidieuse, sur fond de tensions internationales: compte tenu des responsabilités qu'elle a exercées jusqu'à présent, elle n'aurait pas l'expérience suffisante, notamment en matière de politique étrangère, pour briguer la magistrature suprême.
Ségolène Royal répondait, dans IKONO, aux questions de Yann Arthus-Bertrand l’auteur de « La Terre vue du ciel ».

